Vingt-cinq ans qu’a été semée l’EZLN ; quinze que vibre l’écho du !Ya basta ! ; cinq que se fortifient les Conseils de bon gouvernement ; trois qu’avancent l’Autre Campagne et la Zezta internationale... Beaucoup d’anniversaires en un seul, à célébrer durant le Festival de la digne rage. C’est que le mouvement zapatiste n’a pas une identité mais plusieurs, qui se bousculent et s’infléchissent les unes les autres. Un soulèvement indigène pour la dignité et l’autonomie, une lutte de libération nationale, une rébellion pour l’humanité et contre le néolibéralisme : le zapatisme est bien davantage que la somme de tout cela. Chacun des éléments qu’il articule se trouve transformé, reformulé, tout comme le sens des diverses échelles (intranationale, nationale et internationale) qu’il entrelace.
Dans ce tissage d’horizons et de temporalités, l’appel à lutter « pour l’humanité et contre le néolibéralisme » a revêtu une extraordinaire pertinence historique. (...)
Compañeras et compañeros,
Frères et sœurs,
Nous nous adressons à vous à l’occasion des préparatifs de la célébration du Premier Festival mondial de la digne rage.
Premier point. Nous avons reçu, jusqu’à présent, la confirmation de la présence de personnes, de groupes, de collectifs et d’organisations issus, en plus du Mexique, des pays suivants :
Iran, Pays basque, Argentine, Cuba, Italie, Chili, France, Angleterre, États-Unis d’Amérique, Autriche, Brésil, Venezuela, Suède, Belgique, Costa Rica, Allemagne, État espagnol, Norvège, Suisse, Grèce. (...)
Quinze ans après leur soulèvement, en des temps de crise qui ne font que rendre plus criantes les injustices, les zapatistes appellent les peuples en lutte du monde entier à célébrer le PREMIER FESTIVAL DE LA DIGNE RAGE.
Pour faire circuler le message d’espoir des zapatistes et pour faire connaître le réseau VOCAL (Voix d’Oaxaca construisant l’autonomie et la liberté) qui travaille à tisser des liens entre les résistances urbaines et indigènes dans un État du Mexique particulièrement répressif, une journée de projection de films et vente solidaire est organisée le dimanche 7 décembre au CICP, à Paris, de 15 heures à 19 heures.
Nous, Conseil de bon gouvernement du Caracol de Morelia, nous prononçons en ce qui concerne les regrettables événements survenus le 10 novembre 2008.
Premièrement. Nous protestons énergiquement contre les actes de violence et les menaces commis par les membres du PRI et paramilitaires, qui ont entraîné des violences dans l’ejido Santa Rosalía, dépendant de la région « Nuevo Amanecer Emiliano Zapata », Commune autonome Lucio Cabañas. (...)
Voici de nouveau notre parole.
Voici ce que nous voyons, voici ce que nous observons.
Voici ce qui nous vient aux oreilles, ce que perçoit notre cœur brun. (...)
Dans le monde, nous sommes des illégaux, des sans-papiers, des indésirables.
Persécuté-e-s et traqué-e-s nous sommes.
Femmes, jeunes, enfants et anciens meurent dans la mort et meurent dans la vie.
Et en haut, ils prêchent pour l’en bas la résignation, la défaite, le renoncement, l’abandon.
Ici en bas, il ne nous restera bientôt plus rien.
Rien que la rage.
Rien que la dignité. (...)
Le vendredi 3 octobre, une violente opération réalisée par les polices fédérale et de l’État du Chiapas a pris fin avec un bilan de 6 morts, 17 blessés et 36 personnes arrêtées ; presque tous étaient des habitants de l’ejido Miguel Hidalgo, situé dans la commune de La Trinitaria, Chiapas.
Le 7 septembre dernier, les ejidatarios (propriétaires des terres communales) ont occupé les ruines de Chinkultic qui se trouvent face à leur communauté, après avoir décidé que l’ejido administrerait désormais ce site archéologique maya, proche de la ville de Comitán et des lacs de Montebello. (...)
Information diffusée sur ce site le 8 octobre et mise à jour le 15 octobre 2008.
Nos cœurs sont emplis de tristesse et de colère, parce que notre sœur Sali a été violée et sauvagement assassinée, à vingt minutes seulement de San José del Pacífico, et parce que, jusqu’à présent, le tribunal d’Oaxaca ne fait rien, comme d’habitude, en dépit de l’existence de témoins pouvant fournir des indices permettant d’identifier les coupables.
Marcella Sali Grace est née aux États-Unis, elle possédait un grand cœur, était solidaire des causes justes et avait de nombreuses amies et de nombreux amis car elle était toujours disposée à rendre service. Forte de ses dons artistiques, elle peignait une banderole ou un mur, dansait pour réunir des fonds pour la lutte (...)
Information diffusée sur ce site le 28 septembre et mise à jour le 15 octobre 2008.
Il y a deux ans, dans le sud du Mexique, la ville d’Oaxaca était secouée par une insurrection civile sans précédent. Parti d’une grève d’instituteurs, ce mouvement de masse déboucha sur une expérience d’émancipation sociale passionnante : ignorer les pouvoirs établis, s’emparer des radios et télévisions locales et construire une autre réalité autour des barricades et des assemblées. Deux ans après, que reste-t-il de cette Commune, violemment réprimée en novembre 2006 ? Pour CQFD, Rubén Valencia et David Venegas, conseillers de l’APPO et membres de VOCAL, reviennent sur cette rébellion et son actualité.
Quels sont les moments forts du mouvement social d’Oaxaca commencé en juin 2006 ?
Rubén : Il existe ici une tradition historique qui veut que, quand les gens ne trouvent pas de solution à leurs problèmes chez eux,ils se rendent sur la place centrale de la capitale de l’État afin de les rendre visibles aux yeux du monde. Cela n’a pas commencé avec Ulises Ruiz. Ce qui a débuté le 14 juin 2006, c’est la partie non écrite de cette histoire. (...)
Compañeros et compañeras,
Nous, Conseil autonome rebelle zapatiste Magdalena de La Paz et le Conseil de bon gouvernement « Corazón Céntrico de los Zapatistas delante del Mundo » (Cœur central des zapatistes devant le monde), zone des Altos de Chiapas, siégeant à Oventik, portons à votre connaissance les informations les plus récentes dont nous disposons concernant la tentative de spoliation d’une partie du territoire appartenant à la communauté Aldama et de la tentative de division dans le but de provoquer des affrontements effectuées par les mauvais gouvernants à l’encontre des indigènes d’Aldama et de la communauté de Santa Marta, dans le cadre de leur stratégie de contre-insurrection et d’anéantissement des peuples autochtones. (...)
Il faut voir ces images de 1968 pour avoir une idée de l’ampleur du danger. Les soldats tiraient dans le dos des étudiants qui s’enfuyaient ; les blessés arrivaient à l’hôpital touchés à la nuque, au dos, aux fesses, aux mollets.
Ce même 2 octobre, lorsque Margarita Nolasco, docteure en anthropologie, parvint à quitter la place, elle baissa la vitre du taxi qui la ramenait chez elle et cria aux piétons qui passaient sur le trottoir à la hauteur de la Casa de los Azulejos : “Ils sont en train de massacrer les étudiants à Tlatelolco ! L’armée est en train de tuer les gamins !” Le chauffeur la sermonna : “Remontez la vitre, madame, parce que si vous continuez je vais être obligé de vous faire descendre de la voiture.” Il releva lui-même la vitre.
La vie continuait comme si de rien n’était. Margarita Nolasco crut qu’elle devenait folle. “Tout était d’une normalité horrible, insultante, je ne comprenais pas ce calme.” (...)